Les chats sans poils fascinent depuis l’Antiquité, mais leur histoire moderne débute au Canada en 1966.
- Origines anciennes et redécouverte : Les Aztèques élevaient déjà des chats nus il y a 3 000 ans. La race moderne naît d’une mutation génétique spontanée découverte au Canada.
- Sept races distinctes existent aujourd’hui : le sphynx canadien (plus répandu), le Donskoy russe, le Peterbald, le Bambino, le Dwelf et autres. Chacune possède ses propres caractéristiques génétiques.
- Tempérament attachant : Le sphynx est un chat-chien fidèle, très sociable, qui suit ses propriétaires partout et développe des liens affectifs forts.
- Santé et longévité : Espérance de vie de 15 à 20 ans, mais attention à la cardiomyopathie hypertrophique féline. Allergie à la kétamine : prévenir le vétérinaire avant anesthésie.
- Budget important : Sphynx de 900 à 3 000 €. Budget annuel de 870 à 1 450 € (soins, alimentation premium). Exige bains hebdomadaires, nettoyage des oreilles régulier et protection solaire.
Il y a plus de 3 000 ans, les Aztèques vivaient déjà avec des chats totalement dépourvus de fourrure. Ce n’est pas une légende : en 1902, un certain Monsieur J. Schink s’est vu remettre par des Indiens Pueblo du Nouveau-Mexique un couple de chats nus, présentés comme les derniers descendants des chats aztèques. Depuis, la fascination pour ces félins à peau nue n’a jamais faibli et elle se traduit aujourd’hui par des prix d’achat qui peuvent dépasser 10 000 euros pour les spécimens les plus rares.
D’où viennent les races de chats sans poils ?
L’histoire du chat glabre moderne commence véritablement au Canada en 1966, avec la naissance d’un chaton nu issu d’une basique chatte de gouttière. Ce n’était pas un élevage savant, mais une mutation génétique spontanée, une sorte de calvitie féline. C’est le docteur Hugo Hernandez, parti s’établir aux Pays-Bas, qui a ensuite croisé ce premier sphynx avec des Devon Rex pour fixer la particularité. Les premières expositions félines accueillant des sphynx remontent à 1973. Douze ans plus tard, Aline et Philippe Noël, éleveurs et juges internationaux français, importaient le premier couple depuis la Hollande. Pour beaucoup, c’est en France que la race a réellement pris forme, même si ses racines sont nord-américaines.
Le sphynx canadien a obtenu sa reconnaissance officielle par le LOOF en 2004, année où un chat nommé Aménophis Clone a servi de référence pour établir le standard originel. Mais le sphynx est loin d’être le seul représentant de la famille des chats nus. Au total, 7 races existent aujourd’hui, chacune avec sa propre histoire.
Côté génétique, un détail mérite attention : deux gènes distincts sont responsables de la nudité féline. Celui du sphynx canadien est récessif, celui du Donskoy, découvert en 1987 à Rostov-sur-le-Don, en Russie, est dominant. De cette différence découlent des comportements très variés : certains Donskoy naissent avec du poil qu’ils perdent ensuite, d’autres arrivent immédiatement glabres. Le Peterbald, lui, est né en 1994 à Saint-Pétersbourg d’un croisement entre un Donskoy et un Oriental Shorthair : une silhouette fine et élégante, avec des déclinaisons allant du totalement nu au velours léger.
Voici les 7 races de chats sans poils répertoriées à ce jour :
- Sphynx canadien : la plus répandue, reconnue par le LOOF depuis 2004
- Donskoy (Don Sphynx) : originaire de Russie, gène dominant
- Peterbald : croisement Donskoy × Oriental Shorthair, né à Saint-Pétersbourg
- Bambino : croisement Sphynx × Munchkin, pattes courtes
- Dwelf : croisement Sphynx × American Curl, oreilles recourbées, né aux États-Unis dans les années 2000, reconnu par la TICA
- Levkoï ukrainien : croisement Donskoy × Scottish Fold, reconnu uniquement par l’association féline ukrainienne
- Kohana : sans follicules pileux, peau lisse et caoutchouteuse, l’une des races les plus rares au monde
Physique, caractère et santé : ce qu’il faut vraiment savoir
Le sphynx ne ressemble à aucun autre chat. Sa queue en fouet, ses oreilles larges et espacées, son abdomen bombé, ses coussinets sensiblement plus épais que chez les autres races, tout chez lui interpelle. Sa peau recèle plus de 2 400 combinaisons génétiques de couleurs, même si sans fourrure, certaines nuances tabby ou dilution restent difficiles à distinguer à l’œil nu. Franchement, soit on est conquis au premier regard, soit on ne l’est jamais.
Côté tempérament, le sphynx mérite pleinement sa réputation de chat-chien. Il suit ses humains partout, rapporte les jouets comme un Maine Coon, sait ouvrir les portes, et certains spécimens ont même appris à utiliser les toilettes. Ce n’est pas de la fantaisie : c’est la réalité quotidienne de nombreux propriétaires. Il vocalise régulièrement, reste rarement seul dans une pièce et développe un lien affectif fort avec ses propriétaires.
Sur le plan de la santé, le sphynx affiche une longévité remarquable de 15 à 20 ans. Mais un point ne doit jamais être négligé : la race est prédisposée à la cardiomyopathie hypertrophique féline (CMH), une maladie cardiaque qui impose un suivi échocardiographique régulier. Autre alerte à connaître absolument : le sphynx est allergique à la kétamine. Si votre vétérinaire doit l’anesthésier, prévenez-le, le risque de choc anaphylactique est réel et peut être fatal.
Concernant les allergies humaines, la réponse est nuancée. Les chats nus ne sont pas totalement hypoallergéniques. La protéine en cause, la Fel D1, est produite par les glandes salivaires, lacrymales et sébacées: pas par les poils. Simplement, sans fourrure pour véhiculer ces allergènes dans l’air, le sphynx en disperse moins, ce qui peut convenir aux personnes modérément allergiques.

Entretien, budget et prix d’achat : les chiffres bruts
Pas de brossage, certes. Mais ne vous y trompez pas : un chat sans fourrure demande plus de soins qu’un chat classique, pas moins. Le sébum s’accumule directement sur la peau sans être absorbé par un pelage. Résultat : un gant humide quotidien et un bain hebdomadaire avec un shampoing au pH neutre sont indispensables. Les oreilles, larges et profondes, accumulent le cérumen rapidement et nécessitent un nettoyage très régulier. L’été, sa peau exposée aux UV peut bronzer et brûler. Des vêtements adaptés ou un écran solaire spécifique pour animaux sont vivement recommandés. L’hiver, un pull ou un manteau conçu pour ces races n’est pas un caprice : ce chat brûle 20 % de calories supplémentaires rien que pour maintenir sa température corporelle.
| Race | Prix d’achat |
|---|---|
| Sphynx canadien (LOOF) | 900 – 3 000 € |
| Peterbald | 1 500 – 2 500 € |
| Donskoy | 1 200 – 2 000 € |
| Bambino | 2 000 – 3 500 € |
| Dwelf | 2 000 – 3 000 € |
| Kohana | 5 000 – 10 000 € |
Un chaton sphynx proposé à moins de 800 euros doit immédiatement vous alerter. Ce prix est quasi systématiquement associé à des arnaques ou à des conditions d’élevage problématiques. La première année, prévoyez un budget global compris entre 2 320 et 4 400 euros, incluant l’achat, le kit de démarrage (200 à 400 €), un couchage chauffant (40 à 80 €), la stérilisation (150 à 300 €) et les frais vétérinaires initiaux. Les années suivantes, le budget redescend entre 870 et 1 450 euros, alimentation premium incluse : comptez entre 600 et 960 euros par an pour des croquettes adaptées à ses besoins énergétiques élevés.
Avant de vous lancer, posez-vous la vraie question : êtes-vous prêt à intégrer ce niveau de soins dans votre quotidien ? Ce chat n’est pas fait pour les propriétaires qui préfèrent la discrétion. Il prendra toute la place, et vous ne le regretterez probablement pas.
